mardi 22 juillet 2014

INCENDIE A BUKAVU: UNE MAISON ET TOUS SES EFFETS DETRUITS PAR LE FEU A FUNU/A

Plusieurs jours ne passent sans que la ville de Bukavu ne connaisse un incendie. Ce mardi 22 juillet 2014, une maison située dans l'avenue Funu/A, commune de Kadutu, a pris feu dans la matinée. Intérrogés, les habitants de la maison nous ont dit que l'origine du feu demeure inconnue. Ils ne l'ont remarqué que très tard car une chambre était déjà à feu jusqu'au plafond. Tous les effets de la maison ont été endommagés par le feu mais il n'y a pas eu perte d'hommes. La maison appartenait à monsieur MIRINDI, un père de famille qui était déjà parti au travail. Il sied d'indiquer que trois autres immeubles voisins ont été démolis par les jeunes du quartier venus au secours afin d'éviter que le feu n'embrase les maisons environnants.
Le feu qui consumme déjà de l'intérieur, une pièce de la maison.
Comme la plupart des maisons des quartiers populaires de la ville, celle-ci n'a pas eu à profiter du service anti-incendie de la MONUSCO qui vient souvent aider à éteindre le feu. Et même s'il avait été appelé au secours à temps, il est pratiquement impossible d'arriver dans un coin très éloigné de la ville et où il n'existe pas de route. Les habitants sur place, indignés par ce fameux incendie, ont expliqué que ce ne sont que les mesures de prudence qui doivent aider la population bukavienne à prévenir ces genres de danger. Que ceux qui utilisent les bois de chauffage ou le braseros éteingent; selon eux, la dernière braise en feu avant de quitter la cuisine; qu'ils évitent aussi d'utiliser des bougies à cire qui présentent plus le risque que l'utilisation d'autres moyens comme les lampes torches.
Les habitants de Funu/A essayant d'éteindre le feu.
Cette famille qui a perdu tous ses biens, nous a dit un voisin, bénéficiera de l'hospitalité des voisins en attendant qu'elle ne relance sa vie en construisant une nouvelle maison sur le terrain, resté plein des bois morts et des morceaux de tôles. Solidarité africaine oblige, mais en attendant, plus de prudence!





Femmes et hommes se battant pour éteindre le feu.

Selon les habitants du quartier, un miroir servirait également à éteindre le feu.
Pour Kivu Amani Journal,

Emmak Eli Bigosi

jeudi 10 juillet 2014

BUKAVU : UNE VILLE OÙ L’ENCADREMENT DES ELEVES EN VACCANCES POSE PROBLEME.



Deux cent dix jours de travail sous stress et sous commandement de monsieur  l’enseignant, bien assis sur des pupitres, devant un tableau noir,  les élèves apprennent mathématiques, français, civisme, cultures générales, etc. Ce  n’était pas facile mais les plus audacieux et assidus au travail arrivent à la fin.
Vue d'une kermesse dans l'enceinte du cercle recréatif de Kadutu.

L’année scolaire 2013-2014 s’est achévée avec la proclamation des résultats dans plusieurs écoles de la ville et de ses périphéries. Malheureusement, dans une indisponibilité d’espaces publics des loisirs et un manque d’encadrement des élèves en vaccances, celles-ci s’annoncent mal.
Lors de la proclammation, avons-nous vues des figures des élèves et de leurs parent froissées, pleines de joie, parfois des larmes selon que les résultats étaient bons ou mauvais, après un travail de longue halène. L’on pouvait entendre des discours de fin d’année prononcés par les chefs d’Etablissements un mot de reconfort et d’encouragement des élèves ayant eu de mauvaises côtes. Et pour ces élèves, la detente, la recréation des facultés mentales et physiques s’avère nécessaire afin de reprendre le chemin de l’école avec l’aptitude à faire mieux. « Qui sème le vent récolte la tempête ». Ce vieil adage  est celui que les enseignants utilisent dans leur discours de clôture pour stimuler les mauvais élèves à fournir beaucoup d’efforts lors de l’année scolaire nouvelle qui débute en septembre.
Bons ou mauvais, les élèves doivent être encadrés lors des vaccances. Mais hélas, ils ont leurs réussites et leurs échecs mais où passeront-ils leur temps des vaccances, que feront-ils en cette période de deux mois dans une ville de Bukavu ensoléillée et parfois poussièreuse?
Jadis, des espaces des jeux  pour l’encadrement des enfants et jeunes était nombreux dans la ville de Bukavu pour éviter à ce qu’ils ne soient mis en danger car sans suivi, le vagabondage, l’ivresse, les mariages précoces, les accidents de tout genre et autres abus s’invitent dans leur petit monde. Privés d’occupation pendant les vaccances, ces dangers se prénsentent à leur quotidien.

A Bukavu, les églises et certaines organisations des jeunes organisent des colonies des vaccances lors desquelles diverses compétions sportives et culturemmes sont organisées. Football, Volleyball, projection cinématographique, spectacles, visites guidées, salles de  lecture, sont rendus disponibles aux élèves y ayant été inscrits. Malheureusement tous ne bénéficient pas de cet encadrement souvent suite au manque de financement adéquat.
Dans les espaces publics, on ne vivra pas ces genres d’activités, en tout cas à certains endroits  car ils sont occupés à autre chose. La salle de spéctacle du cercle recréatif de la commune de Kadutu a été transformée, parfois, en église et l’espace extérieur en Kermesse ; le terrain de Buholo III en garage, le foyer social de Kadutu en Eglise, celui de Bagira en Kermesse, le cercles sportif de Labotte en kermesse.
Quelques espaces restés disponibles notamment les terrains de Nyakavogo et de Funu sont en très mauvais état, parfois marchés pirates, poubelles publiques et gangs des fumeurs de chanvres s’y installent.

Eu égard à ce qui précède, les conséquences néfastes sont multiples. Face à ce manque d’encadrement, ce sont les cimetières de la ville, les chaussées, les  rond points, les rivières ainsi que d’autres endrotis ddangereux qui servent comme espaces de jeux aux élèves. Naufrages, accidents de circulation, banditisme et autres abus cotoient actuellment leur monde.  Ces enfants n’auront pas des valeurs morales, d’éducation et de bonnes mœurs dans leur âge adulte.

Si les activités organisées actuellement dans la ville sont l’action de certaines associations qui se disent de développement, « de quel développement s’agit –t-il ? », se demande un enfant que nous avons rencontré tout près du Stade de la Concorde de Kadutu. Car lors des Kermesses ce sont les boissons alcooliques qui coulent à flot, faisant de certains élèves des distraits et ivrognent, ignorant ce qui est utile à leur avenir. Ces enfants qui jouent dans les rues de la ville se disent abandonnés par les adultes car, en cette période des vaccances ce sont les espaces publics de loisirs et de lecture qui devraient les accueillir. Malheureusement, ils sont occupés à recevoir les consommateurs des bièrres ou n’existent plus. Et à l’absence de l’Etat, certains parents que nous avons interrogés se disent ne pas être capables de s’occuper adéquatement des élèves en vaccances, seulement certains y arrivent et en attendant, d’autres élèves vagabondent ça et là.

Si Bukavu se dit être une ville où les élèves sont mieux formés et que le temps des vaccances ne fasse pas partie de l’intérêt des uns et des autres, seul l’avenir nous les dira un jour car, c’est la qualité de formation de nos enfants qui en dépend.

Patrick MINYANGU MUHINDO

PANZI : UN COIN DE BUKAVU OÙ L’EAU POTABLE EST RARE



« L’eau c’est la vie », on ne cessera jamais de le dire. Mais nous faisons un constat que certains coins de la province du Sud-Kivu sont toujours dépourvus d’eau potable. C’est le cas du quartier Panzi, situé dans la ville de Bukavu, commune d’Ibanda, où la majeure partie de la population ne bénéficie pas de cette denrée importante à la vie humaine.

Pour quelles raisons ?

Ayant parlé aux populations, elles nous ont expliqué que les installations de la Regideso se trouvent dans leur quartier mais l’eau y arrive rarement. C’est souvent pendant les heures tardives de la nuit qu’elle est disponible, il faut renoncer au sommeil pour l’attendre, du moins si elle arrive. Certains ménages sont abonnés à la Regideso mais ne peuvent pas résoudre les problèmes d’eau du reste de la population qui se débrouille à sa manière.

Quelle est cette manière ?

L’on se croirait au moyen-âge lorsque, pour la première fois, l’on découvre le principal moyen d’approvisionnement en eau des habitants de Panzi. Quelle ne fut notre stupéfaction lorsqu’on nous indiqua un puit, conçu et amenagé d’une manière à empêcher les saletés de tomber dans un fossé de plusieurs mètres, creusé dans le sol, non construit en matériaux durables et couvert des morceaux de bois. Ce puit appelé « Kizola » (traduit approximativement ‘’là où on puise’’) n’est malheureusement pas à comparer avec les puits de l’époque médiévale car manquant un minimum de confort. L’on se sert d’un récipient en plastique accroché à un fil pour puiser de l’eau, qu’on va verse dans un bassin en plastique afin de l’introduire dans des bidons ou autres récipients. Cette eau n’est pas propre à la consommation car nombreux microbes l’infèctent du jour au lendemain. Les fosses séptiques sont parfois situés à quelques mètres du puit avec les risques de communiquer avec le couches terrestres desquelles sortent l’eau, les canalisations des eaux usés provenant des ménages passent tout près, aussi les enfants peuvent y jetter d’autres saletés. Les ménages qui n’ont pas un puit ainsi que ceux qui manquent d’argent pour se payer un bidon d’eau, généralement vendu à 50Fc, vont puiser de l’eau à la rivière Ruzizi qui présente à son tour les risques de noyades. C’est donc au prix d’immenses sacrifices et risques que ces populations recourent aux puits.
Un enfant entrain de tirer du puit un récipient en plastique accroché sur un fil.


Quels sont ces risques ?

Les maladies d’origine hydrique sont recurrentes à Panzi, surtout lors de la saison sèche où les poussières infectent plus les eaux. Puisque faire la vaiselle avec de l’eau impropre ne fait que salir les ustensiles de cuisine, plusieurs cas des maladies de mains sales sont généralement soignés par les médecins de ce coin et parfois mort s’en suive. Selon un médecin que nous avons rencontré dans ce coin, c’est surtout les enfants qui sont le plus victimes car utilisant l’eau impropre sans contrôle des parents. Ceci a un impact sur leur croissance physique, étant souvent  heurtés à des problèmes de santé dans leur âge adulte. Le couvert en bois pouvant s’affaiblir après un temps, il présente un danger pour les gens qui, par megarde, peuvent y tomber en voulant puiser de l’eau. Une série de mesures de précaution est envisageable.

Souvent situés à côtés des fosses sceptiques et des canaux d'évacuation d'eaux usés, les puits sont contaminés des divers microbes.


Comment limiter les dégats ?

Interrogés à la question de savoir comment peut-on éviter le pire, les habitants trouvés sur place ont lancé un cri d’alarme aux autorités publiques provinciales et à celles de la Regideso à qui ils demandent d’approvisionner leur quartier en eau potable, ce qui n’est que leur droit. Le Congo ayant la potentialité hydraulique la plus grande en Afrique, s’exclame un enfant, ce n’est pas chez nous où on parlerait de carrence d’eau potable. Et en attendant pour limiter les cas des maladies, propose un médecin, les habitant devraient désinfecter cette eau avant de la consommer ou la chauffer à 100°C afin d’éliminer les microbes.


Que faut-il faire dans l’avenir ?

Faut-il obliger la fermetrure de tous ces lieux de puisage ? Peut-être non car ces puits sont une source presque principale d’approvisionnement en eau, un « mal nécessaire ». Mais le modèle implanté au quartier Nguba de la même commune semblerait adéquat car, une partie des eaux de la rivière Ruzizi serait pompée et placée dans une sous station de traitement afin de désservir cette partie de la ville. A moins que cela n’affaiblisse le débit de la rivière au préjudice de la centrale hydroéléctrique Ruzizi II, ce qui constituerait un frein à cette hypothèse. Une solution à court terme serait l’organisation par la mairie d’un service d’approvisionnement en eau à l’aide des camions citernes, du moins pour cette saison sèche qui s’annonce déjà difficile pour cette population car même le débit des puits diminue en cette période.

Une femme entrain de boire l'eau du puit.

Pour KivuAmaniJournal,

Emmanuel AKUZWE BIGOSI

vendredi 27 juin 2014

TRANSPORT PUBLIC A BUKAVU: UN DANGER AU QUOTIDIEN POUR LES HABITANTS.

Bukavu est l’une des villes de la République démocratique du Congo où l’on remarque un taux démographique croissant. Située à l’Est du pays et partageant ses limites avec, en plus du territoire rwandais voisin, les principaux territoires du Sud et du Nord-Kivu entre lesquels se font de manière fréquente les échanges commerciaux ; il s’observe un mouvement incessant des populations. Avec ses trois communes de Kadutu, de Bagira et d’Ibanda, les principales institutions provinciales étant localisées dans cette dernière, un circuit de transport public s’organise afin de faciliter l’accès au centre ville des personnes et des biens. Cependant, l’organisation du transport public des personnes dans la ville laisse à désirer.
Nous sommes à la Place dite ''Carrefour'' en commune de Kadutu, lieu de partance des bus amenant les gens à Nyawera et à Nguba dans la commune d’Ibanda. Une file des minibus rangés selon l’ordre de réception des usagers est remarquable ; nous décidons de prendre place au sein de l’un d’entre eux. Dix-huit places y sont disponibles selon les quatre sièges y installés en plus de deux places à côté du conducteur. Après avoir tenté en vain d’occuper les sièges à quatre places situés derrière le conducteur, l’on nous signale de nous placer au siège avant. Ce n’est pas parce que nous sommes des clients potentiels car nous tous payons le même ticket, seulement parce que la hauteur du bus ainsi que l’espace entre deux sièges ne sont pas proportionnels à notre taille. Ceux qui y sont assis restent immobilisés pendant  tout le trajet selon que l’une des quatre personnes assises sur le même siège soit de taille un peu plus supérieure ou qu’elles soient obligées de partager cette minime place avec le convoyeur du minibus; parfois on signale au conducteur qu’il doit s’arrêter un instant car l’un des passagers attrape une crampe. D’autres se heurtent la tête contre le fond du minibus à la traversée imprévue des dos d’ânes et fossés créés par le mauvais état de certaines parties de la route. Je remarque, depuis que le véhicule a démarré, un bidon jaune déposé à côté du levier de vitesse. Quelle ne fut ma stupéfaction lorsqu’arrivé à la station, pour s’approvisionner en carburant, le conducteur retira le bidon afin qu’on y verse de l’essence. C’était en fait le réservoir du véhicule et non pas un bidon de lait pour servir aux gentils passagers. On doit, tout au long du parcours, supporter l’air mélangé à l’odeur de l’essence avec le risque d’attraper une migraine avant l’arrivée à destination.
Tous les ingrédients pour produire un accident de circulation sont au rendez-vous. Si le klaxon fonctionne bien, c’est le démarreur qui présente des défauts. Conséquence, à chaque arrêt pour déposer ou prendre un passager, il faut solliciter de l’aide aux passants pour pousser le véhicule afin d’activer un mécanisme aussi très compliqué de démarrage. On peut facilement être retardé de quelques minutes parce que le moteur cède, parce que les clignotants ne fonctionnent pas quand il faut signaler à un autre véhicule le sens pris ; on peut frôler un accident parce que les rétroviseurs ne sont plus bien fixés, sont absents ou parce que le système de freinage est désintégré. Les malades cardiaques peuvent rechuter en un instant suite au ronronnement du moteur qui produit un bruit à plusieurs décibels, pareil à celui d'un hélicoptère.  Et à la fin, il n’y a pas de plainte à formuler, ni au conducteur, ni à son convoyeur. Parfois leur réponse se trouve apposée, en langue swahili, sur un autocollant situé au pare-brise : « Kama uko haraka, shuka ukimbiye », « Kama utasema mingi, nunua ya kwako » avec une traduction approximative en français « Si tu es pressé, tu peux descendre et courir », « Si tu te plains, achètes-toi un (véhicule) ». On ne peut pas non plus se plaindre devant les policiers de roulage ; ils n’arrêtent ces véhicules que pour des formalités superficielles au lieu de vérifier l’état du véhicule. Les autres axes urbains ne sont pas exemptés de ce constat ; nos sources renseignent qu’on peut toucher le sol à partir des ouvertures créées par la vétusté des bus empruntant l’axe Essence-Panzi. On peut, par mauvais état de la route, trouver refuge dans un minibus et contracter un rhume à l’arrivée suite à l’entrée facile de la poussière ; on peut s’habiller décemment et, si un morceau de fer n’a pas déchiré l'habit, on risque d'arriver à destination étant plein de boue. Une voiture peut transporter huit personnes en plus du conducteur, dans l’axe Place de l’indépendance-Hôpital Dr RAU, contrairement aux quatre prévues. Ces fais s’inscrivent dans une pratique contraire à la règlementation routière selon la loi n°78/022 du 30 août 1978 portant Nouveau code de la route telle que modifiée en 2004 et selon le droit de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), notamment son Acte uniforme traitant des transports des personnes et des biens.
Quelqu’un qui n’a  pas encore fait usage de ce fameux moyen de transport ne comprendrait facilement cette version des faits que si on le lui dit image à l’appui. Le taux des victimes des accidents de la route n’a pas cessé de croître ces dernières années. Les vieilles personnes et les enfants sont les plus touchés.
Intérieur d'un minibus, avec un bidon en plastique comme réservoir d'essence,
reliant la Place Carrefour à la Place Munzihirhwa (Image Emmak - Février 2014)
Les populations lancent un cri d’alarme aux autorités en vue de pallier à cette situation qui du reste n’est pas récente. Elles demandent aux policiers de roulage de procéder aux vérifications des documents de contrôle technique et de transférer les cas de non-conformité aux autorités compétentes pour des sanctions consistantes. Pour emprunter les termes de la loi portant nouveau code de la route, « Faut-il faire des efforts pour contrecarrer les maladies  et les épidémies, mais tolérer des massacres sur les autoroutes ? »
Les efforts des autorités urbains devraient s’orienter également vers ce secteur presqu’abandonné aux privés qui y imposent leur loi. Construire des infrastructures routières est positif, faut-il encore prévenir des accidents.

Par Emmanuel AKUZWE BIGOSI

ACCUEIL DES ELEVES FINALISTES DANS LE MONDE ACADEMIQUE A BUKAVU : PAR DES ETUDIANTS OU PAR DES VOYOUS ?

Ce jeudi 26 juin 2014 a pris fin l’édition 2013-2014 des épreuves sanctionnant la fin des études secondaires sur l’étendue du territoire de la République Démocratique du Congo. Evénement inoubliable pour les élèves finalistes qui viennent de rompre avec l’habituelle uniforme ‘’bleu-blanc’’ et qui se préparent à embrasser la vie académique. Rendez-vous coutumier pour les étudiants bukaviens qui viennent accueillir les élèves dans leur cercle de travail, leur féliciter pour le travail abattu durant toute l’année scolaire et au passage, leur demander des stylographes.
 
Dans l'enceinte du Collège Alfajiri: on peut voir un étudiant entrain d'écrire sur la chemise d'un élève.
 

Mais cette coutume a, depuis quelques années, virée en une véritable expression de banditisme et personne ne s’inquiète des risques auxquels les uns et les autres sont exposés. Après avoir demandé les instruments scolaires (stylos, crayon, gomme, latte,…) avec lesquels les candidats aux examens d’Etat ont passé leurs épreuves, les ‘’soit disant étudiants’’ – car suite aux désordres engendrés par eux, de voyous s’en mêlent –, munis des feutres, se permettent de taguer les chemises blanches des élèves d’écrits du genre  pourcentage à obtenir et institution à choisir. Pire encore, certains déchirent les poches de chemise portant les blasons des différentes écoles secondaires d’où proviennent les élèves, prétextant amoindrir leur taux d’échec. Une moindre résistance entraîne la déchirure de toute la chemise ou d’une partie considérable au point que le reste soit irrécupérable. Ceux qui hésitent de donner les stylos sont forcés mani militari avec le risque d’être blessés. D’autres qui tentent de s’échapper glissent, tombent et se blessent parfois, au regard de leurs bourreaux. A l’entrée de tous les centres de passation d’examens s’observent ce mouvement qui, répété à chaque fin des épreuves d’Etats, semble être considéré comme étant une coutume, pourtant si elle en est une, elle est contraire à la loi et aux bonnes mœurs.
Le dos d'une élève, portant la mention 75%

L’opinion s’interroge sur l’avenir d’une telle situation qui semble ne gêner personne de ceux qui peuvent y mettre fin. Interrogés à cette fin, les élèves ont montré leur sentiment d’inquiétude par rapport au monde qui prétend les accueillir. S’ils se disent modèles et futures élites dont la société aura besoin, explique un élève que nous avons rencontrée au centre du Collège Alfajiri, les étudiants devraient laisser aux délinquants et inciviques ces genres de  comportements et agir en honneur à la considération qui leur est faite dans la société. « Clamer ‘’camarade haut !’’ ne devrait pas servir dans des entreprises qui ruinent la réputation d’autres étudiants qui, contrairement à ceux qui sèment partout le désordre, travaillent et développent la science au profit de l’humanité », ajoute une autre élève, dont la chemise a été déchirée et jetée par terre.
 
 

 
 
 
A quand la science s’alliera-t-elle vraiment à la conscience dans les agissements de certains étudiants bukaviens ? L’avenir en dira plus !


samedi 21 juin 2014

LA TELE-MEDECINE : UNE REALITE A L’HOPITAL GENERAL PROVINCIAL DE REFERENCE DE BUKAVU



LA TELE-MEDECINE : UNE RÉALITÉ A L’HOPITAL GENERAL PROVINCIAL DE RÉFÉRENCE DE BUKAVU


Il existe à ces jours, dans l’apprentissage et l’exercice de l’art de guérir, une nouvelle technique liant le bloc opératoire des hôpitaux à la Faculté et au public. C’est la Télémédecine, l’une des dernières nées des nouvelles technologies d’enseignement. Elle sert de matériel didactique et de partage d’informations médicales à distance. 

« De l’hôpital à la Faculté, il fait participer directement les étudiants aux activités médicales et chirurgicales importantes que font leurs encadreurs médecins ; de la Faculté au Public il rapporte en un langage approprié pour le bien-être de celui-ci, l’implication du personnel soignant, » s’exprime monsieur Alain N., étudiant en troisième année de doctorat à la Faculté de médecine de l’Université Catholique de Bukavu et membre du Club de Télémédecine créée au sein de celle-ci. Il faut rappeler que cette Faculté de médecine est hébergée par l’Hôpital Général Provincial de Référence de Bukavu  avec lequel d’autres recherches en médecine sont effectuées.
Façade de l'Hôpital Général Provincial de Référence de Bukavu
La télémédecine aide les enseignants en médecine de pouvoir mieux expliquer la matière, à l’aide du support didactique et à distance, à un large auditoire que le bloc opératoire ne saurait pas accueillir. Demeurant de véritables théoriciens, nombreux étudiants ignorent la médecine qu’ils pensent connaître car celle-ci est en plus pratique. Les gestes à poser lors d’une opération chirurgicale étant complexes, l’étudiant trouve un moyen de combler ses différentes lacunes suite à une observation répétée.

Grâce à l’ampleur des nouvelles technologies d’information et de communication dans la province et au pays, cette technique les mets efficacement au service de l’apprentissage et du partage des connaissances scientifiques dans un domaine qui, suite au contexte de son exercice, a longtemps été tenu secret au grand public. La promotion de la santé passe primordialement par l’information. Un individu sous informé est toujours victime de certaines maladies liées à ses mauvaises habitudes lesquelles, s’il était informé, saurait éviter. Certaines rumeurs et ignorances au sein du public entourent encore la pratique de l’art de guérir. C’est dans le souci de contribuer à la prévention de certaines maladies par le premier acteur du circuit sanitaire, l’homme, que la télémédecine veut, grâce à son langage facile et pratique, faire participer celui-ci à sa sécurité sanitaire.
Projection des images à l’amphithéâtre en direct depuis le bloc opératoire.

« Grâce à une caméra réseau (IP) posée sur la lampe scialytique, les images sont transmises à l’aide de l’internet », explique monsieur Félicien MWAMI, technicien informaticien de l’Université Catholique de Bukavu. « Elles sont enregistrées sur un disque dur et peuvent êtres mises à la disposition des étudiants. C’est sous la coordination d’UNIVERSANTE, une interface accessible à tous les hôpitaux et Facultés de médecine du pays, où sont postées toutes leurs activités et expériences que le Club de télémédecine compte atteindre ses objectifs, » poursuit-il, étant lui-même membre du club.
Dirigeant les débats dans l'amphithéâtre, le neurochirurgien Charles KACHUNGUNU.

Au début du mois de juin 2014, une séance de télémédecine a été organisée à l’amphithéâtre S. Haumont de la Faculté de médecine de l'Université Catholique de Bukavu. Le chirurgien urologue Léon MUBENGA a expliqué depuis le bloc opératoire de l’HGPRB, aux autorités académiques, aux différents invités ainsi qu’aux étudiants le fonctionnement de la colonne de cœliochirurgie, utilisé notamment  pour la chirurgie prostatique sans incision. Le neurochirurgien Charles KACHUNGUNU quant à lui a dirigé les débats depuis l’amphithéâtre. 
 
Une vue de l'auditoire dans l'amphithéâtre, au premier plan à gauche, le Doyen Prof. Docteur CHIRIMWAMI; au deuxième plan à droite, l'abbé Recteur Prof. Paul KADUNDU.
« Voilà pourquoi les autorités académiques et politiques doivent conjuguer des efforts pour préserver cet outil aussi utile à l’enseignement, » s’est-il exprimé, avant d’expliquer grâce à une projection vidéo, le traitement de l’hydrocéphalie chez les nouveaux nés et l’avancement d’un patient soigné en 2008.
Nous osons croire qu’au regard des avantages que présente cette technique d’apprentissage, ses acquis seront perpétués afin de profiter efficacement à la formation des générations scientifiques futures qui sûrement, auront acquis en masse, l’usage des nouvelles technologies d’information et de communication. Plein succès à la télémédecine !


Emmanuel AKUZWE BIGOSI
Juin 2014.